• Manifestations scientifiques,

Capital, crédit et profession dans les villes européennes (XIVe-XIXe siècles)

Publié le 27 septembre 2016 Mis à jour le 11 mai 2017

Journée d'études organisée par Laurence Croq, Vincent Demont, Vincent Meyzie (CHISCO)

Date(s)

le 7 octobre 2016

Lieu(x)
Maison « Max Weber »
salle de séminaire 1
L’achat ou la vente d’une situation professionnelle (fonds de commerce, marques commerciales, offices etc.) est un goulot d’étranglement peu connu des sociétés de l’époque moderne. Dans tous les milieux où les acteurs projettent de s’intégrer, ces transactions sont soumises à des contraintes de natures différentes, économiques, sociales ou culturelles, et ce dans des proportions chaque fois variables. Ainsi dans la France du XVIIIe siècle, l’entrée dans le monde des offices est subordonnée à des contraintes économiques mais aussi sociales : l’acquisition d’un office est une opération financière qui peut être annulée par un refus de la compagnie de recevoir l’impétrant parmi les siens. Au contraire, la mercerie parisienne est ouverte aux candidats de toute origine pourvu qu’ils puissent payer le droit d’entrée dans le corps et soient suffisamment solvables pour convaincre un bailleur de leur louer (ou sous-louer) une boutique et un grossiste ou un manufacturier de leur vendre des marchandises. Ces deux exemples esquissent l’image de sociétés respectivement traditionnelles et modernes, mais ils coexistent au sein d’un même lieu en un même temps. Les cessions de fonds de commerce, d’office avec ou sans pratique, de pratiques sans office (les receveurs de rentes), de marques commerciales…, constituent, par les motivations individuelles et les normes ou contraintes collectives qui les entourent, des temps permettant une observation fine des possibilités de mobilité dans ou vers un groupe social. Supports de la domination sociale et/ou de l’activité professionnelle, ces biens économiques se caractérisent par une relative singularité, l’examen de leur circulation peut aussi prendre en compte des éventuelles dynamiques de construction de marchés. C’est dans cette double perspective que la journée prendra en compte les cessions ou achats caractérisés par des transferts de fonds réels ou fictifs, dans un cadre plus ou moins réglementé par un ordre, un corps de métier ou une autorité politique, en France et en Europe du XIVe au XIXe siècle.

Mis à jour le 11 mai 2017