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Polémologies médiévales - Etat des lieux

Publié le 27 mai 2016 Mis à jour le 16 septembre 2018

Colloque international organisé par Bénédicte Sère (CHISCO)

Date(s)

du 23 septembre 2016 au 24 septembre 2016

Lieu(x)
<Libellé inconnu>
L’objet « polémique » semble avoir originellement relevé du champ littéraire, linguistique voire sémiologique pour s’est progressivement installé dans le champs de l’histoire des sciences, les Sciences studies des années 1970-1980. La sociologie, à sa manière, s’est penchée sur les formes historiques des débats et l’histoire des intellectuels s’est largement nourrie de la force de ce concept opératoire. Dans le champ de la discipline historique, les périodes moderne et contemporaine peuvent être qualifiées en un sens d’âges de la controverse et du débat, dans la mesure où la polémique affleure dans chaque source, dans chaque texte, dans l’actualité politique et religieuse, dans les instruments de communication, etc... Aux XVIe et XVIIe siècles, à titre d’exemple, la polémique est partout et les études récentes le montrent assez, entre autres celles de Christian Jouhaud, Jérémie Foa, Jean-Pascal Gay, Frédéric Gabriel, Sylvio de Franceschi, Chrystel Bernat, Hubert Bost, Claude Postel, etc… Pour les contemporanéistes, la polémique fait feu de tout bois et peut être éprouvée à chaque période, pour chaque thématique. Or, l’on remarquera la représentation qui s’est mise en place : dans l’esprit des modernistes, il n’y aurait dans les controverses d’avant le XVIe siècle ni intensité ni violence alors que pour les contemporanéistes et les sociologues, remonter à l’époque moderne, c’est déjà « une préhistoire de la controverse ».

Aussi la question des polémologies médiévales se pose-t-elle. Le Moyen Âge est-il le temps d’une archéologie pour l’histoire des controverses ? Quelles sont les modalités de la polémique médiévale ? À penser l’histoire des controverses en termes téléologiques, du point de vue de l’histoire d’après le XVIe siècle, l’on risque de faire l’impasse sur la valeur du débat et de la polémique comme source historique elle-même. Mieux vaut partir du postulat que le Moyen Âge, tout comme les autres périodes historiques, se prête lui aussi à « une histoire culturelle du fait controversial » (J.-P. Gay). Les volumes co-dirigés par Patrick Boucheron ont esquissé quelques synthèses : la notion d’espace public, d’une part, et celle de violences intellectuelles d’autre part, ont assurément cerné l’objet du débat et de la polémique dans une dimension problématisée. Qu’en est-il dix ans après ces premiers jalons ? La présente journée d’études vise à faire un état des lieux de l’historiographie des polémologies médiévales. Quels spécialistes ? Quelles publications ? Quels chantiers ? La polémologie médiévale existe-t-elle en tant qu’objet d’histoire clairement identifié ? Ou bien est-elle diffuse dans de nombreuses recherches récentes, dans de multiples types de sources ou de thèmes, sans pour autant constituer un objet formalisé comme tel ? Son acception est-elle clairement circonscrite ou jouxte-t-elle des concepts attenants comme celui d’opinion, d’espace public, de controverse, de dispute, de débat ?

Il s’agira d’insister sur les polémologies médiévales en tant qu’objet d’histoire plus que sur leur contenu proprement dit. Nous chercherons à retracer l’historiographie de cet objet en faisant un bilan actuel de la situation et en pointant les angles morts du champ. Les mécanismes de la polémique ont été bien étudiés autant que les objets polémiques eux-mêmes. Ce qu’il nous faudra penser, c’est la question de savoir, d’une part, s’il l’on peut repérer des spécificités médiévales à ces mécanismes polémiques, d’autre part ce que l’historiographie en a repéré.

Mis à jour le 16 septembre 2018